C’est aux sources de l’illusionnisme que nous invite Julien Taylor, avec des photographies animées présentées à la galerie Talmart. Rebaptisée club 22 pour cette exposition, la galerie est transformée en boîte – boîte de nuit et boîte à images – où le spectateur devient acteur, et l’artiste – magicien du temps et de l’espace.
Mais comment rendre le mouvement en photographie, une technique qui par définition le fige ? Julien Taylor, que la question a toujours fasciné, s’est plongé dans les expériences visuelles du début du 20e siècle : les images changeantes à réseau et la stroboscopie.
Sur les murs de la galerie sont disposées de grandes bandes verticales opaques qui opèrent comme un filtre à travers lequel le visiteur regarde l’intérieur de la galerie. Il y voit des figures, que le mouvement oscillant de sa tête fait entrer dans un rythme saccadé. Car ces photographies, représentées grandeur nature sur les murs de la galerie, sont elles-mêmes codées avec un réseau strié. Les voir sans le filtre de la vitrine nous met face à des images en voie de disparition et nous rappelle combien le mouvement est lié à la dissolution de la forme.
La visite du Club 22 se poursuit dans la cave, avec l’ambiance stroboscopique des dancefloors. Julien Taylor y a installé deux tourne-disques et plusieurs galettes de 33 tours. Sur ces galettes, à intervalles réguliers, les images de personnes et d’objets décomposés dans leur mouvement. L’interaction est de mise, toujours, et c’est en actionnant le tourne-disque et en y déposant la galette sous la lumière d’un stroboscope, que le spectateur découvre la magie de ces images animées.
De même que les premiers effets spéciaux de Méliès nous ravissent encore, les inventions revisitées de Julien Taylor nous ouvrent les portes d’un monde de l’image merveilleux, et certainement pas figé !
Exposition Julien Taylor, « Club 22 », du 24 novembre au 23 décembre 2011. Galerie Talmart – 22, rue du Cloître St Merri – 75004.
Mini site de l’exposition : http://julientaylor.com/CLUB22/
photo : Julien Taylor, Les petits nuages, 2011