Cinéma : le temps du muet

Cinéma Ajouter un commentaire

Le cinématographe des frères Lumières cumule avancée scientifique, spectacle, puis rapidement médium artistique et industrie. Il connait après son invention une diffusion internationale et nombreuses sont les personnes à se lancer dans l’aventure du cinéma. Entre 1895 et 1928, le cinéma se développe à un rythme effreiné. Dans l’espace de 30 ans, les réalisateurs mettent au point un langage cinématographique et maitrisent les spécificités de ce nouvel art. Entre le 28 décembre 1895, date de la première projection publique réalisée par les frères Lumière à Paris et le début du Vingtième siècle, la norme est aux prises de vues documentaires, que les techniciens, amateurs et réalisateurs en herbe confectionnent à travers le monde.

En Amérique, Thomas Edison (inventeur du kinétoscope, concurrent ducinématographe) filme des numéros de cirque.  Cependant, dès 1902 et avec Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès, le glissement vers la réalisation de fictions, comiques ou dramatiques, de courte durée, gagne de l’ampleur et devient le fer de lance de l’industrie cinématographique. En France, les frères Pathé et Léon Gaumont, en Amérique, Edison, produisent en série des petits films qui marquent le caractère industriel du cinéma, alors projetés dans des cafés, salles de théâtre et de music-hall en complément de programme. L’Assassinat du Duc de Guise (Charles Le Bargy et André Calmettes, 1908) accélère le passage au statut d’Art du film, en associant auteur (Henri Lavedan) et acteurs de l’Académie et de la Comédie françaises. L’influence du film à l’étranger, impose le cinéma comme détenant d’une dramaturgie nouvelle, possiblement différente du théâtre et du spectacle populaire de foire.

D.W. Griffith cherche alors à ennoblir le mélodrame et impose avec The Birth of a Nation (Naissance d’une Nation, 1915) le long métrage, donnant du même coup au cinéma sa spécificité. Regorgeant d’audaces de mise en scène et de trouvailles techniques (angle panoramique, virtuosité de la caméra, montage alterné), il convainc par son succès immense, que le cinéma est arrivé à maturité. A sa suite, en France, en Allemagne, en Italie, en Union Soviétique et aux Etats-Unis se développent divers courants cinématographiques et artistiques recherchant par le montage, l’esthétique de l’image, l’ampleur de la reconstitution et par l’approfondissement de la psychologie des personnages à donner au cinéma un statut propre. A la fois héritier du théâtre, de la peinture, de la photographie et des divertissements populaires (foire, cirque), le cinéma acquiert sa singularité en résumant tous ces arts à travers l’œil de la caméra et en se donnant par la manipulation du film (cadrage,  montage, découpage des scènes,…) les outils nécessaire à  l’affirmation d’une identité distincte des autres arts. L’ajout du son à partir de 1927 sera en fait plus une évolution qu’une révolution.

Votre commentaire :

Blog crée et installé par Left Ear Media
WP Theme & Icons by N.Design Studio
Articles RSS Commentaires RSS Connexion