
David Lynch
La démocratisation rapide des outils technologiques permettant une autre consommation du cinéma engendre de nombreux bouleversements du média. On a pu en réalité assisté à la disparition du film. Là où la pellicule constituait un support palpable par un nombre restreint de privilégiés durant l’époque classique, à savoir ceux qui la fabriquaient (laboratoires), ceux qui l’utilisaient (cinéastes, cadreurs) et ceux qui la manipulaient (monteurs, projectionnistes), elle est simplement de nos jours supprimée, n’étant plus utilisée que lors de la projection des films dans les salles.
Dans un avenir proche même, on prévoit de numériser l’ensemble de la chaine de production. Les salles recevront directement par satellite lors de la sortie d’un film les fichiers informatiques nécessaires à sa diffusion. Si le film est passé par le statut d’artefact comme un grand nombre de chef-d’œuvres enfermés dans les musées, il est maintenant au stade de simple produit. Le film contemporain est malléable, reproductible, transférable, échangeable et commercialisé à merci. Afin de résister à l’arrivée du format DivX et au piratage via Internet des films qui circulent désormais privés de la nécessité d’avoir un support tangible pour être vu, l’industrie cinématographique joue la surenchère en multipliant les grosses productions basées sur des effets spéciaux numériques importants, réintroduisant la 3D comme le futur du spectacle cinématographique tandis que les salles de cinéma favorisent la fidélisation du client en proposant des abonnements illimités.
Mais le développement des technologies numériques a aussi servi les réalisateurs qui ont pu bénéficier d’un nouvel outil au service de leur art (rupture du quatrième mur, suppression de la caméra, remplacement de l’acteur…) et les producteurs qui ont trouvé un nouveau débouché, désormais à l’échelle mondiale. Si les Etats-Unis dominent encore le marché, de très nombreux concurrents proposent des œuvres atypiques qui rassurent sur la richesse du cinéma, dont la mondialisation croissante favorise les échanges et influences entre pays et réalisateurs.
Repères filmographiques
1999: Ghost Dog, J. Jarmush
1999: Magnolia, P.T. Anderson
1999: Fight Club, D. Fincher
2000: In the Mood for Love, W.K. Waï
2000: Les démons à ma porte, W. Jiang
2001: Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, J.P. Jeunet
2001: Mulholland Drive, D. Lynch
2001: Le seigneur des anneaux, P. Jackson
2002: Devdas, S.L. Banshali
2002: Le pianiste, R. Polanski
2002: La cité de Dieu, F. Meirelles
2002: Infernal Affairs, W.K. Lau/ S.F. Mak
2003: Les invasions barbares, D. Arcand
2003: Lost in Translation, S. Coppola
2004: Mar Adentro, A. Amenabar
2004: Ray, T. Hackford
2005: La marche de l’empereur, L. Jacquet
2005: Le secret de Brokeback Mountain, A. Lee
2006: La vie des autres, F.H. von Donnersmarck
2006: Les infiltrés, M. Scorsese
2007: No Country for Old Men, J. et E. Coen
2008: L’échange, C. Eastwood
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