Le Cinéma d’après-guerre (1945-1958)

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Federico Fellini

Federico Fellini

Le choc du second conflit mondial impose un renouvellement des reflexions sur la portée du cinéma. Témoin visuel des combats, les actualités de guerre ont inondé pendant plus de 5 ans les écrans des salles. La libération au lendemain du conflit apporte le besoin d’un renouvellement du spectacle cinématographique, basé sur deux sentiments paradoxaux : la nécessité de coller à la réalité dont les images de guerre étaient alors les témoins privilégiés et celui d’offrir une évasion de cette même réalité. Hollywood va tenter de répondre à ces attentes en proposant par le système des genres un panel d’œuvres diversifiées, allant du film musical au western.

Mais l’émergence d’une concurrence venant d’Europe et d’Asie, le néo-réalisme italien et la richesse du cinéma japonais apportant du sang neuf aux cinématographies du vieux continent, Hollywood se voit contraint au renouvellement. Les cinéastes américains cherchent de plus en plus à contourner le code Hays afin d’aborder des thématiques nouvelles (racisme, sexualité, violence) notamment dans le mélodrame (Un tramway nommé désir, Elia Kazan, 1951) et le film criminel (La Nuit du chasseur, Charles Laughton, 1955) qui vont secouer fortement l’édifice composé par les studios et le code d’auto-censure.

Mais là où en Europe on favorise une peinture réaliste du monde à travers le cinéma, les majors répondent en cherchant à accroitre la spectacularité du procédé cinématographique, mise à mal par la télévision qui conquiert une grande partie du public américain. On passe aux écrans larges et panoramiques (cinemascope, cinerama, technirama, panavision,…), la couleur se systématise peu à peu et chaque studio possède son propre procédé révélant sa marque de fabrique (Technicolor, Deluxe, Super-technicolor,…). C’est l’heure de gloire des films épiques aux décors gigantesques et au nombre de figurants incommensurable (La Tunique, Henry Koster, 1953, Les Dix commandements, C. B. DeMille, 1956, Ben-Hur, W. Willer, 1959), souvent produits en Europe et notamment en Italie.

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