En 1928, après plusieurs essais techniques pour l’ajout du son aux films, l’option d’une bande sonore physiquement jointe à la pellicule transforme rapidement le spectacle cinématographique. En l’espace de 4 ans, la production devient entièrement parlante (all-talking) et le film muet disparait quasi-totalement des écrans.
Le genre musical connait alors un développement fulgurant et répond logiquement à une demande accrue du public pour les films sonores (all-singing). Beaucoup d’acteurs (Douglas Fairbanks) et de réalisateurs (D.W. Griffith, E. Von Stroheim) du muet ont des difficultés à passer au parlant. Certains adaptent leur jeu (Charlie Chaplin, Greta Garbo) ou adoptent pleinement cette avancée technique (Raoul Walsh). On assiste alors à une regroupement des sociétés de productions sous l’égide de quelques grands studios.
Les petites sociétés ne peuvent faire face à l’investissement requis par le sonore, qui s’ajoute aux difficultés économiques de la grande dépression du début des années 1930. Aux Etats-unis, et dans une moindre mesure en Europe, quelques grands studios dominent et imposent une standardisation des films qu’ils fabriquent à la chaîne. Bientôt les Majors hollywoodiens vont contrôler le marché mondial, mais chaque pays va donner naissance à des formes spécifiques de cinéma.
L’Allemagne délaisse l’expressionnisme pour la nouvelle objectivité (L’Opéra de quat’ sous, 1931, G.W. Pabst) avant de souffrir du régime nazi causant l’immigration de nombreux réalisateurs, la France adopte une véritable esthétique avec le réalisme poétique (Hôtel du Nord, Quai des Brumes, 1938 Le jour se lève, 1939, Marcel Carné).
L’Italie produit de nombreux drames historiques et comédies populaires dans les studios de Cinecittà, l’Union Soviétique affectionne les films sociaux de grande envergure. Les cinématographies asiatiques se développent rapidement : les productions japonaise et indienne atteignent près de 800 films par an mélant film historique, religieux et mélodramatique. Pourtant la période reste marquée par le cinéma hollywoodien, qui écrase la concurrence nationale (la Californie devient le lieu de production quasi-exclusif) et internationale. Le second conflit mondial, dont les Etats-Unis restent d’abord à l’écart, profite à l’industrie cinématographique du pays qui assoit sa domination. Mais de nombreuses volontés de changements se font entendre au lendemain de la guerre et des évolutions techniques (allègement du matériel, perfectionnement des pellicules,…) vont servirent ces volontés.
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