Derniers jours pour l’exposition « L’Espagne entre deux siècle, de Zuloaga à Picasso ». L’occasion de se replonger dans une période féconde de l’histoire de la peinture et de faire un détour par les salles des Nymphéas de Monet au musée de l’Orangerie.
Pour tous les amateurs de l’Impressionnisme et du Post-impressionnisme, l’exposition « L’Espagne entre deux siècles » offre un incroyable terrain de jeu pour aiguiser ses connaissances sur les grands artistes et mouvements de l’orée du XXe siècle. Le public pourrait s’amuser à retrouver les couleurs d’Odilon Redon dans les paysages de Daniel Vazquez Diaz, la touche de Raoul Dufy chez Aurelio Arteta, l’influence du cubisme cézannien chez Joachim Sunyer, les portraits de mondaines de Van Dongen dans la Granadina de Hermen Anglada Camarasa, ou encore un écho à Gauguin dans la Métisse nue de Juan Echeverria y Zuricalday.
Mais il peut voir aussi les influences espagnoles : Vélasquez dans la Naine de Ignacio Zuloaga y Zabaleta, peinte de face avec une énorme boule reflétant la fenêtre en face d’elle, ou encore le maniérisme du Greco dans l’Anachorète du même artiste. Autant de clins d’œil qui jalonnent ce parcours et remettent à l’honneur une production espagnole peu connue. L’exposition montre qu’en constante relation avec Paris, capitale de la peinture nouvelle, la plupart de ces artistes adoptent de nouveaux langages, tout en restant les héritiers de Greco, Ribera, Goya…
Dans ce parcours, les tableaux de Joaquin Sorolla y Bastida retiennent particulièrement l’attention. Travaillant à coups de larges touches, l’artiste détache d’incroyables masses blanches de ses compositions.
L’exposition se clôture par les premières œuvres de trois grands maîtres espagnols de l’art du XXe siècle : Salvador Dali qui expose dès 1918 à Figueras des toiles influencées par l’impressionnisme et le pointillisme, Joan Miro, inspiré par la géométrisation cubiste et les couleurs fauves, et Picasso, dont tout le talent est contenu dans sa Buveuse d’absinthe de 1901.
« L’Espagne entre deux siècles, de Zuloaga à Picasso – 1890-1920 », jusqu’au 9 janvier 2012
Musée de l’Orangerie – Jardin des Tuileries – Paris 1er
L’Instantané, Biarritz, Joaquim Sorolla (1906)